Prévention de l'absentéisme
Mieux vaut prévenir que guérir. Afin d’éviter un arrêt de travail, le travailleur a la possibilité de demander à son employeur d'examiner si un aménagement de son poste de travail et/ou un travail adapté ou un autre travail sont possibles.
Pendant l'absence du travailleur
L'employeur doit modifier son règlement de travail afin d'y inscrire une politique de gestion de l’absentéisme.
L’employeur doit mettre en place une procédure formelle de maintien du contact avec le travailleur en incapacité. Cette-ci doit au minimum prévoir :
- qui doit contacter le travailleur
- à quelle fréquence.
Le législateur insiste sur le fait que le but n'est pas de vérifier si l’incapacité est justifiée, mais bien à préparer le retour au travail du collaborateur.
La CESSoC prévoit de mettre à jour le modèle de règlement de travail et son mode d'emploi pour fin mars 2026.
Estimation du potentiel de travail après 8 semaines
Pour les incapacités de travail qui débutent à partir du 1er janvier 2026: après au moins 8 semaines d'incapacité de travail, l'employeur doit avertir la médecine du travail et demander à un conseiller en prévention-médecin du travail (ou son personnel infirmier) d'évaluer le potentiel de travail du collaborateur.
S'il est estimé qu'il y a un potentiel de travail, l’employeur peut demander au médecin du travail:
- d’inviter le travailleur à une visite de pré-reprise du travail
- OU de démarrer un trajet de réintégration.
Pour les employeurs qui occupent 20 travailleurs ou plus, lorsqu'il y a un potentiel de travail, il est obligatoire de démarrer le trajet de réintégration dans les 6 mois du début de l'incapacité. A défaut, l'employeur qui ne le fait pas peut être sanctionné par une sanction de niveau 2, multipliée par le nombre de travailleurs concernés.
Trajet de réintégration
L’employeur pourra dorénavant lancer un trajet :
- pendant la période de l'incapacité de travail de son travailleur, quelle que soit sa durée, si le travailleur y consent;
- ou à partir du moment où il ressort de l'estimation de la médecine du travail que le travailleur a du potentiel de travail (obligatoire dans les 6 mois de l'incapacité si l’employeur occupe 20 travailleurs ou plus).
Les invitations à l’évaluation de réintégration doivent dorénavant être envoyées par courrier recommandé.
Absence du travailleur aux rendez-vous
Le travailleur est tenu de donner suite à l'invitation (envoyée par courrier recommandé) du conseiller en prévention-médecin du travail, qui a pour objectif d'établir une évaluation de réintégration. S'il ne réagit pas ou s'il ne se présente pas (sans justification valable), le travailleur pourrait être sanctionné: le montant journalier de son indemnité maladie sera réduit de 10 % pour la première absence et pourra être totalement perdu en cas de récidive. S'il manque également le troisième rendez-vous, outre la perte de l'indemnité, la procédure de réintégration prendra fin.Ce risque de sanction sera mentionné dans l’invitation transmise par recommandé au travailleur.
Le médecin-conseil devra être informé après 2 absences du travailleur (au lieu de 3 avant). Cette information doit comprendre les dates des rendez-vous auxquels le travailleur ne s’est pas présenté.
Ces modifications s'appliquent à tout contact physique et à tout rendez-vous prévu au plus tôt le 1er janvier 2026.
Force majeure médicale: constatation d’inaptitude définitive
Auparavant, un travailleur devait être en incapacité de travail pendant au moins neuf mois (une reprise (partielle) du travail pendant deux semaines maximum n'interrompait pas ce délai) avant que l'employeur puisse entamer une procédure de rupture du contrat de travail pour cause de force majeure médicale. Ce délai est réduit à six mois. C'est la seule modification apportée à la procédure de force majeure médicale – aucune nouvelle sanction n'a été ajoutée.
Attention: cette procédure de constatation d’inaptitude définitive ne peut être entamée que si le trajet de réintégration est terminé.

Communication via la plateforme TRIO
Les échanges d’information entre le médecin du travail, le médecin traitant et le médecin-conseil de la mutualité concernant l’état de santé d’un travailleur en incapacité de travail en vue de son retour au travail passent désormais par la plate-forme TRIO.
Toutes ces mesures sont entrées en vigueur le 1er janvier 2026.
Outre la procédure formelle de réintégration, il est toujours autorisé de commencer par une réintégration informelle en concertation avec le travailleur.
Pour plus d’informations, vous pouvez consulter l'article de l'UNISOC, la page du SPF ETCS qui détaille les nouvelles mesures et vous pouvez également revisionner le webinaire organisé par le SPF ETCS sur cette matière.
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